La saison de la dernière chance pour Arsenal

Arsenal va-t-elle enfin remporter un titre majeur ? C’est la question fatidique qui se pose de plus en plus dans le monde du football. En effet depuis l’ouverture d’un nouveau cycle lié à l’arrivée de Mikel Arteta sur le banc en 2019, les Gunners n’ont remporté qu’une seule FA Cup. Bien que ce trophée soit très prestigieux, ce n’est pas suffisant pour l’équipe d’Arteta qui tous les ans s’affirme comme un prétendant sans jamais gagner quoi que ce soit. Après 3 ans d’affilé à occuper la place de dauphin en championnat et une demie finale de Ligue des Champions l’année passée, cette année doit être celle de la consécration pour le club londonien. 

En fin de saison passée, Mikel Arteta avait affirmé que cet été Arsenal casserai sa tirelire pour enfin réaliser un mercato à la hauteur de leurs ambitions. En effet, son effectif n’était pas suffisamment garni pour prétendre être compétitif. Miné par les blessures en attaque, le coach espagnol a dû aligner son milieu Mikel Merino au poste de n°9. Bien que ce choix tactique ait été payant, Mikel Arteta avait besoin d’un attaquant de pointe de métier. Il ne pouvait pas compter sur Gabriel Jesus trop souvent blessé et pas au niveau pour être titulaire, ni sur Kai Havertz qui n’est pas un n°9 et donc pas fiable pour être titulaire à la longue. Ainsi cet été, Arsenal débourse 75 millions d’euros pour s’offrir les performances de Viktor Gyökeres, attaquant suédois du Sporting Lisbonne et soulier d’or la saison passée. Arsenal devrait enfin tenir son attaquant star qui fera la différence dans les grandes rencontres. En plus de lui arrive Noni Madueke de Chelsea pour 50 millions d’euros. Un choix plutôt surprenant puisqu’il évolue au poste d’ailier droit qui est occupé par Bukayo Saka. Mais il est vrai que l’Anglais est souvent blessé, l’arrivée de Madueke offre une bonne alternative à Saka d’autant plus qu’il peut aussi évoluer au poste d’ailier gauche. 

Le mercato des Gunners ne se limite pas à l’attaque, le milieu vient aussi être renforcé avec de très bonne prises. Martin Zubimendi arrive en provenance de la Réal Sociedad pour 70 millions. C’est un milieu défensif qui récupère beaucoup de ballons et relance très vite vers l’avant, idéal pour jouer en transitions. En toute fin de mercato s’ajoute l’arrivée d’Eberechi Eze pour 70 millions en provenance de Crystal Palace. C’est un milieu offensif qui évolue au même poste de Martin Odegaard, capitaine d’Arsenal. Mais comme pour le cas de Bukayo Saka, le Norvégien est très souvent blessé, ainsi l’arrivée d’Eze pour le remplacer et le concurrencer offre à Arteta un milieu de terrain très compétitif. Enfin le mercato au milieu de terrain s’achève avec la prise pour 10 millions de Norgaard, un milieu défensif danois qui sert dans la rotation. Si avant ce mercato le milieu d’Arsenal composé de Rice, Merino et Odegaard était déjà très complet et parmi les meilleurs au monde, il est maintenant le plus complet d’Europe et permet à Arteta une adaptation totale. 

Enfin en défense sont arrivés Christian Mosquera de Valence pour 15 millions et Piero Hincapié pour 50 millions en provenance du Bayer Leverkusen. Ces deux prises très intéressantes renforcent encore plus une défense déjà solide. En cas de blessures, Arteta dispose d’atouts très fiables qui assurent une excellente alternative aux titulaires. 

Ce mercato qui a couté 240 millions d’euros accorde à Mikel Arteta un effectif tout autant voire plus complet que celui de ses rivaux Manchester City, Liverpool et Chelsea. 

Un mercato à la hauteur des ambitions du club était indispensable. Depuis trois saisons, le coach espagnol compose avec de nombreuses blessures, le contraignant à aligner des joueurs hors poste. S’il dispose enfin de remplaçants fiables, la récurrence des blessures à Arsenal reste préoccupante : Mikel Arteta n’a quasiment jamais son effectif au complet. La responsabilité du staff peut être interrogée, tant l’exigence physique pour jouer le titre sur tous les tableaux est élevée. Le mercato ne doit donc pas masquer durablement ce problème de fond.

Une attaque toujours pas au niveau

Si la défense d’Arsenal est indéniablement la meilleure d’Europe, nous ne pouvons pas en dire autant de l’attaque. Comme le témoigne leur mercato, les Gunners étaient conscients qu’il fallait recruter un grand n°9. Mais Viktor Gyökeres était-il la bonne prise ? Nous pouvons déjà donner la réponse : non. Malgré ses deux saisons exceptionnelles, le Suédois présentait déjà quelques lacunes masquées par les palanquées de buts qu’il inscrivait et ce également face à des grosses équipes en Ligue des Champions. Mais ce que démontrent ces cinq premiers mois à Arsenal c’est que Gyökeres n’a pas le niveau pour la Premier League, ou du moins pour être l’attaquant phare d’une équipe qui vise le titre. Il y a trois raisons qui illustrent son incompatibilité pour la Premier League. La première est son style de jeu, en effet au Sporting Lisbonne il évoluait dans une équipe qui jouait en transition, ce qui lui permettait d’attaquer avec le jeu face à lui, et donc d’exploiter ses qualités physiques. Mais Arsenal ne joue pas de cette manière, Arteta pratique un football de position, où les attaques sont principalement face à une défense placée. Gyökeres est incapable de jouer dans les petits espaces et n’est presque jamais trouvé par ses coéquipiers. Dans les grands matchs comme dans les petits le Suédois est transparent. Et ce qui fait dire qu’il n’arrivera pas à s’adapter au jeu des Londoniens est son niveau technique. Il peine à dribbler les défenseurs, ne peut pas jouer en pivot car ses qualités de passes ne sont pas suffisantes. Il n’a pas non plus le sens du but d’un Erling Haaland, à qui on l’a tant comparé jusqu’à ce qu’il signe en Angleterre et que la différence de niveau soit criante. Enfin il y a également un gros problème dans l’intensité qu’il met sur le terrain. Il est important de rappeler que cela est souvent dû au niveau de confiance d’un joueur, ce qui peut encore changer. Mais Gyökeres est censé être un attaquant physique, or il perd la plupart de ses duels. Tous ces problèmes font que le Suédois n’est pas l’attaquant fiable dont avait besoin Arsenal de plus il n’a pas le temps pour s’adapter. Le joueur n’est pas jeune et Arsenal doit gagner immédiatement. Si Gyökeres ne parvient pas à s’habituer rapidement, il y a de fortes chances qu’Arteta soit obligé d’aligner de nouveau Mikel Merino à la pointe de l’attaque. 

Cette saison Arsenal peine à marquer dans le jeu, ils sont excellents sur coups de pied arrêtés mais jusqu’à quand cette technique peut-elle fonctionner ? Il est primordial d’avoir d’autres alternatives offensives. Bukayo Saka et Léandro Trossard jouent très bien, Madueke est une bonne option en sortie de banc mais l’attaque des Gunners n’est pas au niveau de celles de leurs rivaux. 

Viktor Gyökeres, recrue phare du mercato d’Arsenal peine à s’imposer comme un élément incontournable @Catherine Ivill

Un bilan face aux concurrents qui laisse à désirer

Lorsqu’un championnat est aussi serré que la Premier League, ce sont souvent les confrontations directes qui s’avèrent décisives. Et en ce domaine Arsenal n’a pas le meilleur bilan. Ils ont fait match nul face à Chelsea et Manchester City et se sont inclinés face à Aston Villa. Si Arteta veut un trophée, il ne faut pas simplement que son équipe soit plus forte que ses rivaux, elle doit aussi s’imposer. C’est le grand paradoxe d’Arsenal ces dernières saisons, l’équipe joue bien mais ne remporte rien. Et maintenant que Guardiola semble avoir trouvé la recette parfaite pour son nouveau Manchester City, la pression sera encore plus forte sur les épaules d’Arsenal. Les Gunners doivent être plus tranchants dans les grands rendez-vous, mais l’impression qui ressort est qu’Arsenal n’a pas de joueurs qui changent la donne, qui sur une action vont faire la différence. Certes, c’est sûrement le collectif le plus fort d’Angleterre mais lors d’un match fermé, les Gunners n’ont pas de joueurs comme Doku, Cherki ou Haaland qui parviennent à faire basculer un match sur un geste ou une course. Bukayo Saka est l’unique capable de telles choses, mais s’il n’est pas en forme ou se blesse, Arsenal n’a pas d’autres solutions. C’est peut-être l’unique point faible de cette équipe mais pour aller chercher un titre il aurait fallu corriger cela sur le mercato. Gyökeres devait sans doute avoir ce rôle, il en résulte toutefois autrement. Il reste à voir si la force collective d’Arsenal sera suffisante pour enfin remporter la Premier League. 

Ce qui ressort de ces dernières saisons c’est qu’Arsenal part toujours très bien, l’équipe reste très longtemps dans la course au titre mais est incapable de tuer le championnat comme l’a fait Liverpool la saison passée. 

Ce pourquoi Arsenal peut le faire

Toutefois cette équipe entretient de bons espoirs. Elle est invaincue depuis le mois d’août et si en championnat elle peut laisser planer quelques doutes, en Ligue des Champions elle est première et invaincue. Peut-être que cette équipe est plus faite pour une compétition comme la Ligue des Champions qui demande moins de régularité. Les hommes d’Arteta ont déjà des matchs références comme la victoire 4-0 face à l’Atletico Madrid où leur victoire 3-1 face au Bayern Munich qui était invaincu jusqu’à ce match. 

Certains joueurs au sein de l’équipe ont retrouvé une bonne forme comparé à la saison passée. Trossard et Martinelli sont de bons atouts offensifs capables de faire basculer des rencontres, à l’image de la victoire à Bilbao 2-0 où tous deux ont marqué. En défense, Riccardo Calafiori a retrouvé son niveau de l’Euro 2024 et malgré les blessures récurrentes de Gabriel et Saliba, la défense est assurée par les très bonnes performances de Mosquera et Hincapié. 

Arteta et ses joueurs ont toutes les cartes en main pour remporter un titre cette saison, reste à savoir s’ils ont appris des saisons passées pour enfin franchir ce cap tant attendu. 

La dernière chance pour Arteta

Le coach espagnol arrivé en 2019 à Arsenal entame sa sixième année de cycle. Si initialement l’objectif était de ramener Arsenal aux hautes sphères du championnat anglais, cela fait 3 ans que le club souhaite désormais remporter le championnat. Après 3 ans d’échecs, cette saison est celle de la dernière chance pour Arteta. Suite au mercato à la hauteur des ambitions du club, en cas de nouvelle saison blanche il faudra remettre en question la capacité de Mikel Arteta à faire d’Arsenal un club champion. Cette saison résonne donc comme celle de la consécration d’un projet ou d’une faillite pour le coach et ses joueurs. 

Mikel Arteta coach d’Arsenal @Charlotte Wilson/OFFSIDE/PRESSE SPORTS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *