Qui sont les favoris de cette Coupe d’Afrique des Nations ?

À partir de ce dimanche 21 décembre, se déroule la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Si pour certains elle peut apparaitre comme une répétition pour la Coupe du Monde qui aura lieu 6 mois après, pour beaucoup elle représente un enjeu immense. Présentation de 5 des favoris à la succession de la Côte d’Ivoire et des enjeux pour ces équipes avant le lancement de cette compétition.

  • Le Maroc, pas le droit à l’échec à domicile :
Le Maroc, l’équipe attendue au tournant à domicile
Crédit : FRMF.com

Pour sa Coupe d’Afrique au pays, le Maroc aura plus que jamais la pression et tout autre résultat qu’une victoire finale serait vu par beaucoup comme un échec. Depuis, l’instauration de Walid Regragui les Lions de l’Atlas sont sur une courbe ascendante et se sont imposés comme une des meilleures sélections du football mondial, en témoigne leur demi-finale à la Coupe du monde au Qatar. Mais sur leur propre continent, ils ont beaucoup plus de mal. La seule victoire en Coupe d’Afrique remonte à 1976, 50 ans pile avant cette édition. Le Maroc n’a plus dépassé les quarts de finales depuis 2004, et la dernière CAN en date s’est soldée par une élimination très décevante par l’Afrique du Sud en 8e de finale. Tous ces facteurs ajoutées à la pression populaire liée à cette CAN à domicile font que la victoire doit être l’unique objectif. Et les Lions de l’Atlas en ont largement les moyens. Leur effectif est l’un des tous meilleurs du continent, et ils sont sur une dynamique excellente, ils n’ont pas perdu depuis 10 matchs. Leur star et capitaine Achraf Hakimi initialement prévu bléssé devrait être remis à temps dès le premier ou le second match de la compétition. Avec l’intégration ces derniers mois de jeunes joueurs, comme El Khannouss ou Ben Seghir afin de rajeunir son effectif, Walid Regragui a entre ses mains un mélange parfait d’expérience et de jeunesse pour se donner les moyens de ses objectifs. Les Marocains ont toutes les cartes en main pour aller chercher cette CAN à domicile qui ravirait le pays entier, mais attention à ce que cette pression n’écrase pas les joueurs et n’entraine une spirale négative autour de la sélection.

  • Le Sénégal, l’effectif le mieux fourni du continent ?  
Sadio Mané, en mission pour apporter une deuxième étoile au Sénégal
Crédit : Sebastian Frej/MB Media/GettyImages

Les vainqueurs de l’édition de 2021 arrivent au Maroc avec comme unique objectif d’aller chercher un deuxième succès dans leur histoire. Encore menés par Sadio Mané, cette équipe sénégalaise possède probablement l’effectif le plus complet d’Afrique et l’un des meilleurs du monde. Tous les postes sont doublés et fournis par des joueurs qui jouent dans des grands clubs et dont certains sont dans la forme de leur vie, comme Ismaila Sarr, Iliman Ndiaye, ou encore Moussa Niakhaté. Les Lions de la Téranga s’appuient toujours sur le même socle que lors de la victoire de 2021, avec une colonne vertébrale Edouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Sadio Mané qui jouent désormais en Arabie Saoudite mais dont le niveau en sélection reste toujours excellent. À ces joueurs d’expérience sont venus s’ajouter ces derniers mois des joueurs qui représentent le futur de cette sélection, Ibrahim Mbaye et Mamadou Sarr notamment, dont l’insouciance pourrait faire du bien dans cette CAN. Désormais entraîné par Pape Thiaw, le Sénégal veut laver l’affront de 2023 et cette élimination en huitièmes face aux futurs vainqueurs ivoiriens. Qualifiés à la Coupe du Monde, où ils sont tombés dans le groupe de la France, malgré un groupe assez relevé avec la RDC, les Sénégalais apparaissent comme les principaux favoris avec le Maroc. Ils retrouveront d’ailleurs cette même équipe de RDC en poule dans ce qui s’annonce comme l’un des groupes les plus relevés avec également le Bénin et le Botswana. C’est désormais à eux d’assumer ce statut de favoris et de démontrer dès les phases de groupe qu’ils sont aussi forts que ce que leur effectif peut le laisser croire. Quoi qu’il en soit les Lions de la Téranga seront attendus au tournant et une élimination prématurée serait un échec tellement l’effectif semble calibré pour aller au bout. D’autant que cette CAN pourrait bien être la dernière de la génération Sadio Mané / Koulibaly qui auront sans aucun doute à cœur de finir leur histoire avec la CAN sur une bonne note.

  • La Côte d’ivoire, candidate au back to back ?
Les Éléphants peuvent-ils le refaire ?
Crédit : Guillaume Kigbafori Soro

Après leur victoire à domicile en 2023, les Ivoiriens arrivent au Maroc avec beaucoup moins de pression que lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Après une phase de poule très compliqués, les Éléphants avaient réussi à inverser la tendance et à prendre confiance une fois leur statut de favoris remis en cause. Ils avaient fini 3e de leur groupe en passant à un cheveu de l’élimination, les attentes populaires s’étaient grandement affaissées et ce qui avait permis de leur retirer de la pression qui les empêchait d’avancer sereinement, avant de relancer un intérêt national pour la compétition au fur et à mesure de l’avancée dans le tournoi. Au Maroc, les hommes d’Emerse Faé auront tout de même la pression d’être les tenants du titre, l’équipe à abattre. La sélection ivoirienne arrive en plus à cette CAN dans un contexte extra sportif compliqué, avec la non-sélection de Nicolas Pépé qui a retrouvé un très bon niveau depuis 2 saison à Villareal et Simon Adingra, homme du match de la finale 2023. Pour l’ancien Lillois les raisons sont extra sportives et cela a beaucoup fait parler, créant un climat médiatique compliqué à l’approche de cette compétition internationale. Sur les derniers mois la dynamique est plutôt bonne, les Éléphants ont atteint la première place de leur groupe de qualifications à la Coupe du monde en restant invaincu dans un groupe où figurait pourtant le Gabon et la Gambie notamment. Ils ont en revanche hérité du groupe le plus relevé de cette CAN avec le Cameroun, le Gabon et le Mozambique. Dans un tel groupe le moindre faux pas coutera très cher et il sera important d’entamer la compétition de la meilleur des manières lors de leur match d’ouverture face au Mozambique. L’effectif Ivoirien est encore de qualité et si certains des éléments importants de 2023 sont vieillissants, d’autres sont venus s’ajouter à ce groupe, à l’image de Guéla Doué ou Yan Diomandé. Il n’en reste pas moins qu’une grande partie de ce groupe est plus proche de la fin que du début et que cela pourrait se faire ressentir dans la compétition. Si la Côte d’Ivoire reste une équipe d’expérience dont il faudra se méfier il semble très difficile de les imaginer refaire le même exploit qu’il y a deux ans.

  • L’Algérie, la nécessité de renouer avec le succès :
Riyad Mahrez, un poids ou un atout pour l’Algérie ?
Crédit : RMC Sport

Les vainqueurs en 2019 ont depuis une histoire très compliquée avec la CAN. Ils n’ont pas réussi à sortir des phases de groupe sur les deux dernières éditions et se sont même séparés de l’entraineur qui avait fait leur succès, Djamel Belmadi. Passé sous la direction de Vladimir Petkovic depuis plus d’un an, cette équipe a du mal à convaincre et à se renouveler. Si les résultats depuis l’arrivée du sélectionneur Suisse sont largement satisfaisants, dans le jeu de nombreuses questions se posent. Le renouvellement de l’effectif en fait partie. Certains cadres historiques de cette équipe ont toujours un statut presque indiscutable alors que leur niveau a grandement baissé, l’exemple parfait en est Riyad Mahrez. Sans aucune contestation l’un si ce n’est le plus grand joueur algérien de l’histoire, mais depuis plusieurs années et son départ d’Europe son niveau a drastiquement baissé. Pourtant au vu de son passif, son statut en sélection reste inchangé et cela avait déjà été un problème lors de la CAN en Cote d’Ivoire. C’est d’autant plus un problème que sur son poste, le réservoir algérien est très fourni avec Ilan Kebbal dans la forme de sa vie au PFC et Hadj Moussa l’un des plus grands espoirs du pays qui impressionne au Feyenoord et devrait rapidement connaitre un gros transfert. Petkovic sera très scruté sur la gestion de ce « cas Mahrez » même si on l’imagine mal le reléguer sur le banc au vu de ce qu’il a fait depuis son arrivée à la tête de cette sélection. La question du gardien se posera aussi tant l’Algérie a une pénurie à ce poste, le titulaire devrait être Luca Zidane, récemment naturalisé mais qui n’évolue qu’en seconde division espagnole. Difficile de s’imaginer remporter la Coupe d’Afrique sans un gardien de top niveau, même s’il pourrait être une des surprises de cette compétition. Quoi qu’il en soit l’Algérie a un objectif principal : se remettre en confiance et montrer qu’elle est capable de performer à nouveau à la CAN. Pour cela elle pourra s’appuyer sur ses valeurs sûres comme Mohammed Amoura, auteur de 19 buts en 38 sélections et meilleur buteur des éliminatoires de la Coupe du Monde. Il sera important pour les Fennecs de vite chasser les vieux démons en se mettant en confiance dès le premier match de poule face au Soudan qui devrait largement être à leur portée.

  • Égypte, la dernière chance pour Salah ?
Mohamed Salah, le joueur le plus attendu de cette Coupe d’Afrique
Crédit : Mohamed Rek

L’Égypte est la nation la plus titrée de l’histoire de la CAN avec 7 victoires à son palmarès, pourtant elle ne l’a plus remportée depuis 15 ans. La génération emmenée par Mohamed Salah, surement le meilleur joueur Égyptien de l’histoire, n’en a donc jusqu’aujourd’hui pas remporté. L’enjeu est donc immense pour le joueur de Liverpool, s’il veut être à la table des tous meilleurs joueurs Africains de l’histoire, un palmarès sans CAN serait une grosse ombre au tableau. D’autant que son histoire avec l’Égypte reste marquée par des désillusions, deux défaites en finale en 2017 et 2021, tandis qu’en 2023 il avait été blessé pour la phase finale. Il serait très triste que la dernière image que l’on ait de Salah à la CAN soit la séance de tirs au but en finale face au Sénégal de Mané en 2021 où il n’avait même pas pu tirer car il était 5e tireur.  S’il n’a pas officiellement annoncé que ce serait sa dernière CAN on peut légitimement se dire qu’à 33 ans et au vu de sa forme physique déjà déclinante cela pourrait bien être sa dernière en tant qu’acteur majeur. L’enjeu sera pour lui d’autant plus grand que son début de saison à Liverpool et ses polémiques avec Arne Slot ont beaucoup fait parler de lui de façon négative. Il est donc certain qu’il aura à cœur d’inverser la tendance et de faire taire ses détracteurs pour aller chercher la dernière ligne qui manque à son palmarès. Pour cela il pourra compter sur son compère d’attaque Omar Marmoush, lui aussi en quête de rédemption après une première partie de saison où il a très peu joué avec Manchester City. Le reste de l’effectif sera en grande partie, comme souvent, constitué de joueurs qui jouent dans le championnat Égyptien, le plus compétitif d’Afrique. Cet effectif se connait très bien et mise sur une continuité depuis plusieurs CAN. Comme toujours, il faudra compter sur eux pour être compétitif peu importe l’adversaire et pour embêter toutes les équipes qui croiseront leur chemin. Les Pharaons seront encore cette année, une équipe sur laquelle il faudra compter et un adversaire que tout le monde voudra éviter. Pour son leader Mohamed Salah tous les matchs seront scrutés et tout autre résultat qu’une victoire aurait un goût d’inachevé.

Pour chacune de ces sélections la CAN représente un enjeu majeur de leur saison et l’objectif principal est la victoire, ou au moins de retrouver confiance en faisant une compétition digne de ce nom. En plus de ces 5 favoris, d’autres candidats à la victoire finale pourrait venir s’ajouter au fil de la compétition, le Nigéria finaliste en 2023 où la République Démocratique du Congo notamment ont des effectifs solides et seront à surveiller. D’autres outsiders comme l’Afrique du Sud, le Mali ou la Tunisie pourraient également venir se mêler à la fête. Si le Maroc et le Sénégal semblent se détacher du reste, cette CAN apparait tout de même comme assez homogène et de nombreuses sélections pourraient avoir leur mot à dire, ce qui renforce encore l’intérêt de cette Coupe d’Afrique.

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